La pop-culture : définition et enjeux

Le terme de “pop-culture” est aujourd’hui utilisé à toutes les sauces. Est-ce que ce terme définit quelque chose de précis, ou au contraire, un ensemble de phénomènes culturels hétéroclites ? Quels sont les enjeux de cette ou ces pop-cultures, et quelles sont leurs implications ? Un Regard d’Artiste sur ce phénomène culturel.

POP-CULTURE : DÉFINITION

La Pop Culture, c’est la culture “populaire”. Populaire par le nombre d’adeptes, mais surtout populaire au sens de “populus”, du peuple. Par cette définition, elle s’oppose à la culture des élites donc, mais aussi à la culture underground.

La Pop Culture a tendance à absorber et à avaler tout ce qu’elle touche et rencontre. Par exemple, il y a quelques années en arrière, la culture “Internet” était une culture underground. Nous avions des codes pour nous reconnaitre entre nous. Cette même culture était nourrie par les “geeks”.

Mais nous ne sommes devenus des Geeks aux yeux du grand publique que lorsque la culture populaire, grâce à Free et le tutti quanti, nous a reconnu et identifié comme étant “geeks” avant de s’approprier le concept. Avec la sortie de la série “The Big Bang Theory” par exemple, les Geeks et leur culture s’affichent à l’écran. Game of Thrones, une série “fantasy” reprend les codes de la culture Geek issue de la Fantasy et les codes du cinéma hollywoodien : nous entrons dans le royaume de la Pop-Culture.

Il devient ainsi difficile, voire impossible, de donner une définition claire et limpide de la Pop-Culture. Voici une définition que je vais maladroitement essayer de poser, à mon échelle : la Pop-Culture est l’ensemble des codes culturels auquel le grand public peut s’identifier et s’approprier.

Appropriation et identité de la pop-culture

Les codes culturels :

Ainsi, si la Culture Pop peut s’approprier des codes qui ne sont pas les siens à l’origine. Les autres groupes peuvent se sentir spolié mais surtout, accuser la pop culture d’appauvrissement. Toujours pour les geeks, aujourd’hui un ‘geek’ joue par exemple à Candy Crush Saga, est fan de Mon Petit Poney, regarde Netflix et pose sur Insta. A mon époque, le geek se farcissait une connexion Modem à 56k. Il réduisait au maximum la taille de ses images avant de les poster sur un forum. Ou il s’armait de patience pour lire une soluce et était aussi un gamer. Les jeux geeks étaient FF9, Unreal Tournament, WoW, Zelda.

Les communautés de fans se tapaient dessus entre les fans de Star Trek, Star Wars, les communautés de Franck Miller ou de Frazetta, SdA. On importait du Japon et des E.U comics et mangas, la Fnac était déserte de nous. Les séries ? BitTorent et ton PC qui en chie deux jours et une nuit dans ta piaule en plein été.

L’appropriation de la Pop Culture d’autres codes passe souvent par l’utilisation de procédés et matériaux meilleurs marchés, des sujets plus accessibles aux spectateurs, quelque-chose de l’ordre de l’éphémère et de la mode. Aux grandes scènes bibliques en peinture à l’huile, Warhol oppose Marilyn Monroe, star de son époque, en sérigraphie. La sérigraphie, procédé de reprographie “cheap” et destiné à faire des séries, en opposition à la peinture à l’huile qui est laborieuse, savante, chère et pérenne.

La pop-culture, un blob qui pousse spontanément

Depuis, nous observons parfois non sans étonnement l’émergence spontanée d’une pop culture sans réappropriation préalable. Le cinéma, la radio, les médias de masse et bien entendu Internet, a permis l’explosion et l’émergence d’une autre culture. Une culture spontanée, libre, parfois revendicatrice, parfois drôle, parfois.. malaisante.

Un meme de Beyoncé. La grande classe.

Et ça, c’est le côté ambivalent de la pop culture. Mais revenons un peu aux bases.

L’ORIGINE DE LA POP-CULTURE :

Mais à l’origine de la Pop Culture se trouve avant tout les médias de masse… et la société de consommation.

Si la culture populaire était avant partagée par un groupe limité de personnes (exemple : les chants et danses traditionnelles), la pop culture est globale. Hollywood, machine à rêver, cherche à percer les désirs secrets des spectateurs et à les devancer. Avec l’émergence d’Internet rend cette globalisation encore plus rapide et plus étendue. Facebook, Candy Crush, les séries, tout joue sur la dualité plaisir – frustration. Mais aussi sur l’image de soi et l’identification narcissique.

A l’origine et aujourd’hui, la Pop-Culture est donc une culture où le contenu culturel se consomme. Il se consomme très vite, très fort et ne seront mis en avant que les contenus déjà validés par d’autres consommateurs.

A force d’avoir été gavé des mêmes images, des mêmes musiques et des mêmes références d’un bout à l’autre, à force de poursuivre le plaisir de façon effrénée, nous voyons l’émergence d’une culture presque autonome, braquée et centrée sur ce plaisir immédiat. You Tube et ses vidéos de chat, la culture du Meme, les concours de puns intended… C’est aussi une culture de l’uniformisation. Nous consommons les mêmes contenus culturels, que nous soyons aux États-Unis, en Europe ou en Inde. La même culture du “buzz” nous nourrit, un peu plus chaque jour…

DONC… Les enjeux de la pop-culture ?

Les médias viraux sont ceux qui ont permis aux utilisateurs d’obtenir un plaisir facile, de régler la frustration en partageant massivement le média. Et d’obtenir une récompense-plaisir sous forme de valorisation sociale et narcissique. La fuite en avant, toujours par le plaisir, par la valorisation ultime de soi. La procrastination n’est souvent rien de plus qu’une mise en pause et parfois une fuite de soi, de son présent, de sa vie aussi.

Jamais rien de constructif en apparence n’est-ce pas ? Pourtant, tous les acteurs de la pop-culture ont l’impression d’appartenir à quelque chose de plus grands qu’eux. Et quelque-part, ils ont raison.

Allé, je cite Wikipédia :

“Selon le Livre Guinness des records, seuls quatre artistes ou groupes ont réellement vendu plus de 335 millions de disques dans le monde : The BeatlesElvis PresleyMichael Jackson et Madonna

Le film “Autant en Emporte le Vent” : record mondial du nombre d’entrées, 202 044 600 entrée dans le monde en 1939. Pour une population de 2 milliard d’habitants ! Vous vous rendez compte ? Vous pouviez aller n’importe où sur la planète et parler de ce film. Statistiquement au moins un être humain sur dix que vous croiseriez l’aurait vu.

Alors bon. N’est-ce pas l’expression même de ce qui fait de nous des humains ? C’est-à-dire des animaux sociaux qui aimons partager les mêmes codes que nos semblables ? Nous avons besoin de nous identifier au groupe auquel nous appartenons ? N’est-ce pas finalement l’implication même de la vie d’un peu tout animal que de fuir la peur et la douleur pour se réfugier dans le plaisir ?

EN CONCLUSION :

La Pop-Culture est un phénomène global mais multi-forme. Elle trouve son origine dans la culture de masse, la globalisation de cette dernière et dans la société de consommation. Comme les entreprises détiennent les rênes de cette culture, nous avons donc la logique du “zéro risque” et seuls les médias les plus viraux, les plus approuvés, se mettent en avant et incorporés sous formes de codes utilisés avec plus ou moins de brio.

Article rédigé d’abord sur Quora.fr, il a subi quelques remaniements, complétion et reformulation.

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