La réalité comme matière première

Il existe cette espèce de mythe qui tourne dans la tête des créateurs que je rencontre : pour qu’une idée vaille le coup d’être rendue dans le réel, il faut qu’elle soit parfaite. Selon les créateurs, cette perfection prend corps dans l’idée de « originale » « novatrice », « grandiose » ou encore « jamais faite auparavant ».

Pourtant tout a déjà été inventé. Les grands thèmes de l’humanité, ceux qui nous font frissonner sont développés déjà depuis l’aube des temps. Alors comment trouver une idée suffisamment bonne pour valoir le coup d’être concrétisée ?

La réalité : la matière première de l’artiste et du créateur

La réalité, ce qui nous entoure et ce que tout le monde peut observer (même si il faudrait tout définir d’un point de vue philosophique) est une matière brute.

Mettons un bloc de marbre. Ce même bloc peut devenir le plan de travail de la cuisine de Tatie Germaine, ou le David de Michel-Ange.

Ainsi, le premier savoir-faire de l’artiste, c’est d’abord de savoir regarder ! Il observe et choisit d’observer la matière sous un certain angle, il choisit d’observer la réalité avec son regard d’artiste. Sa pensée va ensuite façonner la réalité qu’il perçoit. Et sa main, la création donc, transmet.

A chaque étape intervient un processus de choix. Chaque étape de la création, qui commence dans l’oeil, découle d’une série de choix infime Par exemple, ce qu’il regarde est un choix. Ce qu’il interprète et comment il l’interprète, sur quoi il se concentre, dans quel angle il aborde la chose, la façon dont il va retranscrire ce qu’il perçoit, pense, ressent, imagine.

Ainsi, les combinaisons possibles sont infinies.

C’est pourquoi nous sommes artistes. Pas pour l’originalité de l’idée, mais bien pour notre regard unique. Ce regard peut se nourrir de notre vécu, de nos expériences, de notre  culture. Ainsi, se développer, s’épanouir, vivre et explorer nos émotions est capital.

Ce qu’on apporte à notre art, c’est notre singularité

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