Comment écrire un livre ? Serely vous explique tout !

Parfois on ressent le besoin d’écrire… Et ce besoin se transforme en urgence. On veut écrire !

Oui mais… Pourquoi écrire si ce n’est pas pour faire quelque chose qui ait de la valeur ? Quoi de plus valeureux qu’un livre après tout ?

Je vous réponds, en levant la tête de ma mythologie inventée, de mon roman, de mes peintures pour partager avec vous ma vision des choses.

1 – Ecrire est un acte, le livre un objet

Vouloir écrire un livre sans avoir écrit une ligne est un non-sens. Le livre n’est qu’un objet, un ensemble de pages imprimées et reliées ensemble. Dire vouloir écrire un livre avant même d’avoir écrit une seule ligne, c’est même la charrue avant les bœufs… C’est comme vouloir servir un repas tout de suite sans avoir rien qui ne cuit dans la cuisine !

De la même façon qu’il existe une infinité de possibilités pour les repas à servir, il existe beaucoup de types de livres à écrire. Souhaitez-vous écrire un récit épique, un roman de chevalerie, une pièce de théâtre, un livre de cours, un essai philosophique, un recueil de poésie, un manuel de mathématiques, une biographie… ?

Tout est permis, après tout.
Mais avez-vous déjà écrit ne serait-ce qu’une ligne ?

2 – Pourquoi écrire ?

Alors avant de se poser la question du « comment », peut-être aussi vous faudra-t-il répondre à la question du « pourquoi » ?

Pourquoi voulez-vous écrire un livre ? Qu’imaginez-vous accomplir ?

Est-ce une question d’imaginaire : vous vous imaginez écrire et cette vision vous fait rêver ?

Dans ce cas là je ne veux pas être méchante mais… Encore une fois, vous prenez le problème à l’envers. Le livre n’est que l’objet. Vous devez accomplir l’acte avant d’en recueillir les fruits. Vous vous projetez dans une vision idéalisée de vous-même…

Surtout si vous n’avez jamais écrit, ou écrit quelques lignes… Commencez par écrire tous les jours, quelque chose comme un journal ou une petite nouvelle, quelques lignes, des pensées ?

Pour écrire, il n’y a pas besoin de vouloir faire livre. Vouloir écrire est une motivation suffisante ! C’est un art à pratiquer, oui oui, de la même façon que la peinture, le dessin, le chant ou la guitare. D’abord on apprend ses gammes, ou l’anatomie, ou la théorie des couleurs. Pour l’écriture, cela passe par l’écriture quotidienne.

Ou est-ce un besoin pressant, une histoire que vous souhaitez raconter, des connaissances qu’il vous fait transmettre ?

Alors la question est de savoir comment s’y prendre et le problème n’est pas de trouver des idées ou de se demander quoi écrire, mais plutôt par quel bout le prendre !

Vous avez l’idée, vous avez la motivation. Peut-être est-ce la première fois que vous vous lancez dans un projet d’écriture — et je vous renvoie à la partie précédente — ou est-ce la première fois que vous avez un projet de grande envergure concernant l’art d’écrire.

Ou peut-être avez-vous l’impression de pédaler dans la semoule alors que ce n’est pas votre première fois…

3 – Comment écrire *quelque chose*, comment mener à bien un projet d’écriture ?

Retirons le mot livre de la question et nous nous retrouvons avec une question différente : comment mener un bien un projet d’écriture, quelles sont les différentes étapes ?

3 – 1 Pour bien préparer l’écriture de son roman :

Il vaut mieux — et ça vaut pour tout roman ou toute nouvelle quelque soit le sujet, Fantasy ou SF incluses !! — faire des recherches avant d’écrire.

On écrit pour se faire plaisir mais aussi pour être lu. Lorsque vous publiez un récit, vous demandez à quelqu’un de prendre sur son temps pour le consacrer à lire votre récit. Il existe TELLEMENT de livres sur Terre, pourquoi devrait-il perdre du temps à lire le votre ? Par respect pour son intelligence et pour son temps, veuillez à soigneusement préparer les bases de votre récit.

Par exemple, vous écrivez sur les chercheurs d’or aux Etats-Unis ? Mais renseignez-vous autant que vous pouvez ! Quelle époque, quel type de gens, à quoi ressemblaient les villes, les paysages, la nature, les autochtones… Mieux, allez sur place, déambulez le long des rives des cours d’eau de l’époque, munissez-vous d’un tamis et tentez l’expérience en pleine nature !

Visitez des reconstitutions, participez à des groupes de reconstitutions historiques… Vous n’imaginez pas tout ce que j’ai pu apprendre en apprenant le combat à l’épée et au bouclier sur les sensations, ce qu’on ressent face à quelqu’un d’armé, ou comment se manifestent les différents signaux corporels. Quelque chose de vécu aura toujours plus de vie et de crédibilité, n’hésitez pas à tester par vous-même les choses à propos desquelles vous écrivez. Au pire, récoltez des témoignages ! C’est hyper important, ça donnera une vérité à vos écrits.

Et si vous proposez un récit dont rien ne peut être expérimenté dans le monde réel… Tentez de faire des rapprochements. Par exemple, des artistes qui reconstituent en 3D les dinosaures travaillent avec des biologistes pour émuler les mouvements en s’inspirant des créatures qui vivent toujours sur Terre à notre époque. C’est comme ça qu’ils ont pu conclure, dans le reportage, à similitude entre la course d’une autruche et un T-Rex (bon malgré des recherches j’ai beaucoup de mal à retrouver ce reportage que j’ai vu il y a quelques années mais c’était édifiant) !

3 – 2 Un processus d’écriture à créer sur mesure

Pour écrire un ouvrage conséquent, et ce quelque soit le genre d’écrit, il existe plusieurs méthodes.

Toutes ces méthodes sont personnelles. Elles résultent de tâtonnement et d’essais personnels, de prise de conscience et de déclics personnels, de connaissance de son processus artistique.

Certaines personnes, minoritaires, aime partir d’une idée pour la dérouler sans plan ni structure, comme ça puis retoucher le texte ensuite.

D’autres personnes préfèrent établir un plan rigoureux des scènes, de les réunir en chapitre, de créer leurs personnages puis d’écrire dans ces “cases” de façon non linéaires. C’est aussi une méthode assez efficace pour un livre non fictionnel.

Il existe aussi des personnes qui programment leur roman de façon moins rigoureuse, qui écrivent de façon linéaire, puis réécrivent encore tout une deuxième fois pour n’avoir que l’essence de l’idée sans les fioritures du premier jet.

Et puis quelques auteurs apprécient partir d’une structure vraiment sommaire, d’un premier jet très poussé, pour reprendre leurs structures et tout réécriture.

En somme pour écrire un livre, c’est un peu comme composer un dessin : il existe des grandes lignes mais une fois devant son poste de travail, l’expérience et l’individualité de chaque auteur prennent le relais. Il existe autant de processus que d’auteurs.

3 – 3 Après l’écriture

1 – Après l’écriture vient la relecture et la réécriture

Selon les auteurs et leurs expériences dans le domaine, le processus peut être plus ou moins long ou laborieux. On néglige souvent cette étape, et pourtant c’est le moment où votre ouvrage prend du corps et gagne en cohérence.

Il ne faut surtout pas avoir peur de reprendre, revenir en arrière, repartir, changer et modifier la structure. Il s’agit du moment idéal pour prendre du recul sur vos idées, approfondir ce qui doit être fait ou modifier les parties plus faibles de votre histoire. Si vous écrivez de la non-fiction c’est le moment de checker toutes les informations, de vérifier les sources, de bien relire et vérifier la structure de votre démonstration.

Prenez le temps de corriger les fautes d’orthographes, de grammaires et de style.

J’ai vraiment vu des bouquins avec un grand potentiel mais gâché par la précipitation, l’envie de se « débarrasser » du travail rapidement ou encore par la peur de se confronter à son propre écrit et donc le refus de travailler dessus. Un beau gâchis.

Donc prenez votre temps. A moins que ce soit votre premier récit — qui sera un peu bancal comme toutes les premières fois de l’univers — vous devriez  pouvoir extraire la quintessence de votre idée lors de cette étape.

2 – La mise en page de votre texte

Vous avez écrit une belle histoire sur le logiciel qui vous convient (hum c’est encore un sujet vaste !) et vous aimeriez au moins le faire lire. Il est temps de rendre votre texte lisible et accessible aux yeux des autres.

Il est l’heure de dégainer le traitement de texte et de tout bien mettre en page. Vérifiez la taille de la page, surtout si vous voulez imprimer, c’est important que la taille soit conforme. Vérifiez la police de caractère, l’interligne, les titres.

N’utilisez pas de caractères trop gros ou de polices de caractères trop originales : la lisibilité doit être votre priorité absolue. Restez dans les classiques, avec une taille de caractère classique, un interligne mesuré et agréable.

Puis les modifications et la relecture des modifications et puis un jour, on arrêt et on met le bébé au monde.

3-4 : Le futur de l’ouvrage

Le texte est tout beau sur son petit format PDF par exemple. Il est temps de se demander… Et qu’est-ce qu’on fait ?

Soit vous décidez de le gardez pour vous. Vous pouvez l’imprimer éventuellement, ou le faire imprimer et relier par un imprimeur professionnel.

Soit… Vous tentez la grande voie.

On passe alors par l’étape “publication et édition”. Selon la finalité de son ouvrage, il existe plusieurs voies possibles :

  1. Présentation du tapuscrit à des maisons d’édition spécialisée
  2. Auto publication
  3. Publication par l’organisme qui vous engage pour fournir ce travail de recherche…
  4. …. Tout, sauf la “publication à compte d’auteur” : si vous fournissez votre contenu à une ME, cette dernière doit vous rémunérer, c’est gagnant-gagnant.

Mais ne jamais, pitié, jamais payer pour avoir le “privilège” d’ajouter votre ouvrage à la collection d’un revendeur peu scrupuleux qui ne fera même pas le travail d’un vrai éditeur qui lui, vous aurait payé.

Normalement, un éditeur, c’est quelqu’un qui fait tout ce que l’auteur ne fait pas :

Il gère ce qui s’appelle des “collections” : c’est comme une ligne de produit, mais version livres. IL faut avoir du nez, viser à long terme. Il prend votre tapuscrit ? C’est qu’il considère qu’il a sa place dans sa collection.

Il sépare le bon grain de l’ivraie en sélectionnant les bouquins lui-même. C’est pour ça que je suis un peu “crispée” par les plateformes où les gens contribuent sans rien gagner, le public plébiscite puis l’éditeur publie : zéro risque, zéro recherche, c’est mécanique au possible et même pas spécialement une bonne idée pour dénicher les perles rares et les auteurs de talents. Paresseux processus !

Il fait la promotion de votre ouvrage. Bien entendu l’auteur est responsable d’une partie de sa communication. C’est ainsi que tout le monde connait certains des auteurs les plus “bankabeul” de ces dernières années : ils s’expriment. Mais c’est aussi le job de l’éditeur. Il fait marcher ses relations pour placer la pub au bon endroit, appelle la bonne personne pour une interview, une tribune ou même un plateau télé (si applicable hein !!)

Et il s’assure de la qualité du produit “livre” lors de sa sortie en magasin.

Voilà dans les très très grandes lignes.

4 – Et chez toi Serely, ça donne quoi l’écriture d’un livre ?

J’ai écrit un premier jet que j’ai publié sur mon blog. Il n’est pas abouti, mais l’histoire est là. Le fait d’être lue toutes les semaines m’a énormément motivée.

Ensuite, j’en suis à la réécriture :

extrait-roman-serely

Spoiler : oui la scène part complètement en cacahuète…

Ce petit document m’est très utile : je peux écrire d’une seule traite sans me laisser distraire par la découpe de scènes par exemple, la mise en page, les titres… J’écris au fil de mon flow.

Je me base sur ce document pour structurer mon récit :

Scrivener, le seul et l’unique. Découper les scènes, les annoter, ajouter des métadonnées

Et ce document pour construire mes personnages (j’invoque votre indulgence pour mes fôtes d’hortograffe !)

Les gros trucs noirs moches c’est le spoilers que j’ai effacé pour garder le mystère =^_^= On n’en voit qu’une petite partie mais j’ai rassemblé une centaines d’items à compléter. Tout ne sera pas rempli, mais tout peut inspirer si formulé d’une certaine façon et pas d’une autre.

Voilà. Pas de mystère, mais du test, des tâtonnements, des essais sur ce qui vous convient le mieux.

Bon voyage littéraire 🙂

2 commentaires sur “Comment écrire un livre ? Serely vous explique tout !”

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