Poursuivons donc cette série d’épisodes ! Les aventures de Dante, Médéa, Gahéris, Eris et Timanthe se poursuivent… Sereinement ? Pas vraiment. Bien qu’ils soient débarrassés de  Gagliari, il semblerait qu’autre chose de plus féroce les guette…  Un roman made in Serely. 

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Miroir des âmes Chapitre 1 – épisode 1

Miroir des âmes – Ch 1 épisode 2 – Brulure

Miroir des âmes – Chapitre 1 : les Braises

Episode 3 : le supplice

 

Episode 3 – le Supplice

Le trajet se termina dans une ambiance aussi lugubre que pesante. Ses frères et sa compagne semblaient écrasé par la peur Ses tripes le brûlaient lorsqu’il la voyait ainsi. Il avait reconnu la peur sur son visage. Mais il était fier d’elle : elle parvenait à rester concentrée sur la route. Quoique le futur leur réserve, ce ne sera qu’un nouveau défi de plus à relever.

Ils parvinrent enfin au manoir sans d’autres incidents. Maintenant parvenus dans la cour devant la grande porte, ils n’avaient plus peur d’être surpris par des gens normaux. Aussi Éris fit-il tranquillement léviter le jeune Timanthe jusqu’au salon privé du manoir.

Voir son frère couché sur le canapé, pâle comme mort réveillait de douloureuses émotions en Dante. Surtout que Timanthe ressemblait follement à leur mère. La même chevelure auburn et la peau blanche. L’aube enveloppait le jeune-homme du même linceul immatériel. Il regarda Médéa prendre les constantes vitales du cadet. Dans des conditions similaires, il était tombé amoureux d’elle. Il fut pris alors de ce besoin impérieux et animal de la prendre dans ses bras et de partir s’enterrer avec elle au fond d’une tanière.

Médéa l’interpella. Il sortit de ses rêveries pour tomber sur Gahéris qui le regardait, les yeux ronds.

“Dante mon amour, je t’ai demandé d’aller me chercher un verre d’eau, du sucre et une cuillère s’il te plaît… J’expliquais à tes frères que Timanthe avait subi un grave épuisement et un stress important. Il a surtout besoin de repos, mais il faut impérativement lui donner le minimum vital. Alors vas-y s’il te plait.”

Irrité de s’être laissé allé dans ses pensées – et surtout d’avoir été surpris, il se dirigea vers la cuisine. Bien qu’il ne cuisine pas souvent, Dante n’eut aucun mal à trouver les différentes fournitures demandées par sa compagne. Il ouvrit la porte de la cuisine pour retourner au salon… Mais Éris se tenait derrière et lui coupait le passage.

“Faut qu’on parle, toi et moi.”

Son frère voulu entrer. Dante resta immobile, refusant de concéder le moindre pas en arrière. Éris eut alors son expression blasée coutumière. Celle qui signifie “pourquoi tout doit être aussi compliqué…” Contrairement à son jumeau, il ne savait pas lire les gens. Il poussa Dante en arrière d’un doigt sur la poitrine en murmurant “c’est à propos de Médéa…” Cette fois-ci, Dante recula de quelques pas.

“Tout va bien ?
– Oui ma chérie. C’est Éris, il veut me parler.”

Évidemment, elle avait senti son trouble. Éris s’accouda au comptoir de la cuisine, le dos nonchalamment posé contre le plan de travail en marbre blanc et les portes d’ébènes. Les bras croisés et une moue sceptique sur le visage, il entra dans le vif du sujet

“Timanthe qui hurle dans la voiture et Médéa qui panique presque en entendant le mot “assimiler”. Ca te parait normal, à toi ?
– Non… Elle n’est pas du genre à paniquer.

Ma femme est forte, se dit-il. Elle sera une bonne mère… Mais à quoi je pense là ?

“C’est nouveau, tu veux me faire des enfants maintenant ? C’est ton frère agonisant sur le canapé qui donne des envies de paternité ?”

Ca devait être ça. Le souvenir de la veillée de sa mère morte sur le canapé du salon. Médéa qui se pointe par accident dans la pièce. Il la voyait pour la première fois et il tombe instantanément raide dingue… Le souvenir a réveillé ces émotions, sûrement. Rien d’autre. Éris le regardait avec un sourcil incrédule… et narquois. Comme s’il s’amusait de son trouble interne. Génial, Gahéris s’est joint à la fête. Coucou Gahéris.

“Coucou.”

“Forte est une manière de dire les choses, Dante. Comment quelqu’un de si peu empathique peut-il ressentir les émotions des autres ou agir dessus ?”

Il fronça les sourcils, il n’aimait pas qu’on parle ainsi de sa compagne. Sans elle, leur famille aurait volé en éclat après la mort de leur mère et le départ de leur père. Sans sa tête dure et ses aptitudes de leader, ils seraient probablement perdus quelque part dans le vaste monde. La nouveauté de ces dernières années avait été de découvrir qu’il existait d’autres personnes affublées de dons, venant d’un autre monde, comme eux. Sous sa houlette, la fratrie offrait son maximum afin de découvrir les origines de chacun. Car il était évident aujourd’hui que celui qu’ils appelaient “papa” n’étaient pas leur père.

“Et nous n’avons pas le même père non plus.”

Lassant ce petit tour frangin. Mais c’était vrai. Dante par exemple, était vraiment grand, bien charpenté, musclé. Des cheveux noirs, des yeux gris, une peau matte. À mesure qu’il prenait de l’âge, il semblait de plus en plus évident qu’il vieillissait bien plus lentement qu’un être humain standard. Les prélèvements ADN d’Éris confirmaient ces faits. Pas de signes de dégénérescences, ou si peu.

Les jumeaux se ressemblaient beaucoup, mais avec quelques variantes. Le modèle “Éris” était sec et anguleux mais souple comme une anguille. Le deuxième modèle était plus rond et plus rempli. Légèrement plus grands que la moyenne, ils avaient les cheveux châtain, la peau claire et les yeux bleus. Les pouvoirs de télépathie de Gahéris et leur gémellité leur permettaient presque de partager un seul cerveau. Et vu les capacités cognitives exceptionnelles d’Éris, Dante se montrait toujours attentif à ce qu’ils disaient.

Il releva donc la tête vers son frère.

“Où voulez-vous en venir, tout les deux ?
– Nous pensons que Médéa n’a pas que le pouvoir d’influencer les autres. Nous pensons qu’elle est en train de faire émerger son plein potentiel, et que ceci attire d’autres… bizarres.
– Vous avez trouvé une indication, un indice ?

Éris fit la moue et changea de posture.

– Non… Rien de spécial. Juste que ça ne colle pas. Par contre Dante, nous voulions te demander…
– C’est délicat…
– Mais nous pensons que toi aussi tu développes ton plein potentiel… Mais dans un autre domaine.”

Nébuleux !

“Nous pensons qu’il existe une phase ou un cycle dans ce que tu es… et que tu es entré dans cette phase.
– Un peu comme les animaux, nous pensons que tu es en période de rut. Maintenant que tu as choisi ta compagne, tu penses à faire un nid pour lui coller des petits dans le ventre. De quelle espèce, les petits, on ne sait pas mais tu veux lui en faire.”

Ridicule !

“Dante, ton frère commence à m’enlacer…”

Sans même s’en apercevoir, il s’était téléporté dans le salon et soulevait son frère par la chemise. Médéa le regardait d’un air épouvanté. Gahéris ne bronchait pas et attendait que ça passe.

Éris entra dans le salon à pas tranquilles.

“Convaincu ? Tu reposes Gahéris.”

Et merde !

Médéa soupira et posa la main sur le poignet de Dante, qui lâcha aussitôt son frère.

“Je pense que nous sommes tous très fatigués. Timanthe est stabilisé, et si vous alliez vous laver ? Je n’aurais envie que de ça à votre place !”

Éris et Gahéris écoutèrent Médéa et quittèrent la pièce. Ignorant les regards étranges que lui retournaient ses frères, Dante resta seul avec elle. Il était obnubilé par la jeune-femme, l’odeur de sa peau irradiait et l’attirait comme un aimant. Le moindre geste diffusait son parfum entêtant, l’éclat de la lumière sur sa peau, ses cheveux… Le dialogue lui revint en mémoire. Timanthe gisait toujours inconscient sur le canapé, devant eux. Elle se tourna pour lui parler mais il n’entendait aucune parole.

Sans une explication, Dante quitta la pièce. Il sortit par la petite porte de la cuisine et changea dans forme. Ainsi transformé en corbeau, il s’envola retrouver l’usage de son esprit.

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