Le chamanisme et la science

L’intérêt pour le chamanisme n’est pas une nouveauté.

Certains disent « l’intérêt est nouveau »… C’est faux. Si je vous dis qu’on étudie le chamanisme depuis… depuis… bah depuis des siècles en fait. On n’a pas attendu Corinne et ses caméras pour s’y intéresser. J’ai retrouvé des traités du XVIIIe décrivant des actes chamanistes dans une perspective naturaliste. L’anthropologie du XIXe siècle témoigne d’un intérêt particulier de l’Occident et de ce « sale raciste de blanc » pour les cultures qui ne sont pas les siennes.

Adolescente, j’ai intégré un groupe de chamanisme. Nous pratiquions la transe (NdT : la drogue c’est le mal, le cerveau est tellement plus efficace !). Et j’ai pratiqué ça en France, et non au beau milieu de la Mongolie !

Le chamanisme est une des formes de spiritualité les plus anciennes pratiquées par l’homme. C’est plus ou moins inscrits dans nos inconscients : preuve en est l’intérêt porté aux rêves dans nos sociétés occidentales.

Le prêtre EST l’héritier du chaman. Le pasteur aussi. Le médecin, le thanatopracteur. Diaboliser l’occident est un des derniers sports à la mode de la Doxa mais ce que j’aime rappeler à tous ces hypocrites qui profitent des bénéfices du mode de vie à l’occidental que le seul « tort » de la civilisation à laquelle vous appartenez est d’avoir séparé la Croyance et le Savoir.

On oppose aujourd’hui science et religion et ça n’a aucun putain de sens ! C’est ça que le chaman est sensé nous apprendre.

1 – Rapport croyance et savoir

Le Chaman est le dépositaire du savoir et de la croyance.

Il est à la fois le guide spirituel de la tribu, qui forme un tout unifié grâce à transmission des mythes communs et des valeurs essentielles à la survie du groupe. Il transmet un système de croyances. Le groupe se reconnait alors au milieu de tous les autres êtres humains parce qu’il adhère aux mêmes croyances.

Il est aussi dépositaire du savoir.
Reconnaître les signes de mort imminente est un savoir pour préparer le rituel adéquat. Utiliser les plantes dans le bon dosage pour provoquer les effets recherches, ou soigner, ou provoquer la transe collective du groupe pour amorcer un deuil ce sont des savoirs.

Et ces savoirs se transmettent… Avec les croyances. Sans distinction.

Quand on apprend à un jeune prêtre à pratiquer un exorcisme, savoir ou croyance ? Il existe un rite codifié, dans lequel se mêle croyance (chasser le démon) et savoir (après l’épuisement, le ‘patient’ se repose et est convaincu d’être guéri, tout comme le groupe qui l’entoure).

Cela pose des problèmes. Quand croyance et savoir sont aussi imbriqué, on en vient à stigmatiser par exemple les épileptiques car le savoir sur le sujet est lacunaire et que la croyance prend le relais.

2 – Le savoir du chaman et l’oscillation entre les extrêmes

Cette séparation entre savoir et croyance, assez récente à l’échelle de l’humanité, et les périodes d’ajustement sont nécessaires.

Actuellement, nous sortons d’une période où la croyance est totalement rejetée comme « invalide » et que seuls les savoirs testables, vérifiables et transmissibles se retrouvent adoubé dans la transmission collective.

C’est normal. Regardez-vous découper une viande ou éplucher un légume pour la première fois. C’est du n’importe quoi, par acquis de conscience et maladresse, vous retirez des choses qui sont pourtant « bonnes » et font partie de ce que vous cherchiez pourtant à préserver.

Et bien je pense qu’on en est là. L’humanité, c’est ce jeune adulte avec son couteau qui regarde la carotte de son héritage et qui teste des façons de la couper.

Je présage qu’on passera par une période où toute croyance se verra ‘angélisée’. C’est déjà en cours, par certains côté, les graines sont germées. Zob au sens morale et aux choix éthiques, on parvient à justifier la colère, le mépris, le rejet et le refus de l’autre voire parfois la haine par son « petit ressenti personnel et intérieur ». Le ressenti est une chose subjective et qui nécessite d’être respectée… Seulement, pas quand le ressenti sert d’alibi ni n’est pas assumé comme tel.

Bref.
Les intellectuels occidentaux étant ce qu’ils sont, certains verront dans les croyances des chamanes quelques connaissances qui nécessitent plus d’investigation.
Qui qui veut cracher sur la culture occidentale encore ?

3 – La réhabilitation des savoirs anciens

Les scientifiques s’intéressant à des savoirs anciens, voire étrangers, ça existe et ce depuis… Bah je ne sais pas dire. C’est loin. Ca repose sur les mécanismes d’apprentissage par imitations.

Combien de plantes redécouvrons-nous aujourd’hui ? Je me rappelle d’avoir lu qu’une étude était lancée et sur les chimpanzés et sur les plantes qu’ils mangeaient car ces plantes étaient curatives ! Les effets de la datura ont été testé en laboratoire, le pavot, l’écorce de saule… On les utilisait déjà au néolithique. Le vilain scientifique occidental n’a pas attendu hier pour dénicher du savoir là où il se cachait sans discrimination.

D’ailleurs les mêmes scientifiques tirent la gueule lorsqu’on dévalue le chamanisme :

« En Europe et en Amérique du Nord d’abord, puis en Amérique latine, et contrairement aux souhaits d’une bonne partie de la communauté scientifique, le terme chamanisme quitte progressivement les réseaux académiques et commence à désigner une technique de soins particulièrement « exotique » à l’intérieur du vaste ensemble des thérapies « alternatives » ou « parallèles », désormais largement représentées et utilisées parmi les options du marché médical et paramédical contemporain. Comme c’est le cas pour une bonne partie des thérapies de cet ensemble , la frontière qui départage habituellement la médecine et le religieux est remise expressément en cause en faveur d’une approche holistique et spirituelle d’un homme en quête de soins et de développement personnel. » [1]

Et la transe collective illustrée dans ce reportage, alors ?

Elle a fait l’objet d’étude très sérieuses depuis ces dernières années.
En remontant le fil dans les neurosciences (et pitié ne vous basez pas sur les grands titres putaclics et les infos expéditives véhiculées par les journaux actuels, les neurosciences c’est plus que ça et la journaliste a probablement bien choisi les intervenants de son reportage…) on retrouve des études sur :

Ce sont des techniques utilisées par le chaman et son groupe pour évacuer les traumatismes et soigner.

[NdT : Vous comprenez maintenant pourquoi je suis HORRIFIEE par cette obsession pour les pervers narcissiques ? C’est une transe. Vous vous enfermez avec complaisance dans une obsession et vous incitez d’autres personnes à définir son vécu de cette façon précise.]

Et tous les textes que je vous ai transmis reposent, citent ou constituent des documents scientifiques.


Article publié à l’origine sur le site Quora.fr

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