Question de support de peinture

Question de support de peinture

Question de support de peinture

Aujourd’hui, je vous présente un article un peu particulier. Il est issu d’une réflexion menée et partagée dans ma Newsletter, avec mes abonnés. Cette réflexion est née d’une question qu’un lecteur m’a posée… Alors, si toi aussi tu veux recevoir des trucs qui se passent dans la tête de Serely l’artiste et bénéficier d’un lien privilégié avec moi, n’oublie pas de t’abonner !

La question était : pourquoi faire tes œuvres sur toile, sur papier, sur ordinateur ? Pourquoi choisir un support et pas un autre ?

La question est difficile en fait. Quand on choisit un support, on le fait pour différentes raisons. D’abord, le premier critère de choix est la technique qu’on utilise. En effet, on ne fait pas une aquarelle sur toile, ou une huile sur un papier. A moins que ces supports soient spécifiquement préparés à ces fins – des apprêts spéciaux permettent de peindre à l’aquarelle sur toile et à l’huile sur papier – mais généralement, on choisit le support en fonction de notre technique. L’autre critère de choix est sa sensibilité particulière. On peut préférer travailler le papier, on peut aimer la toile. Le dernier enfin est la contrainte : la toile est assez volumineuse à stocker, le papier est fragile et nécessite un encadrement. La peinture numérique ne prend aucune place dans son atelier, mais on n’a pas les œuvres en physiques à moins de les faire imprimer.

Ainsi, il semblerait évident que nous faisons des choix conscients lorsque l’on commence à peindre… Et pourtant.

Question support…. on peut se faire une toile

Et oui, le support actuel des peintures, c’est la toile. Quand on demande à quelqu’un de nous citer le support des peintres de maîtres, cette personne nous citera la toile.

Comme il s’agit du support le plus demandé par le public, on imagine que la toile est le support unique des tableaux. Ce support prestigieux date de la Renaissance (à peu près) et permet d’avoir des peintures de grandes superficie sans avoir un support excessivement lourd à transporter. Le tissu, lin ou coton, apprêté permet d’accueillir notamment la peinture à l’huile. En effet, cette dernière risquerait d’être bue par un papier absorbant et de créer des auréoles. Jusqu’à la Renaissance, les peintures à l’huile ou à la tempéra étaient réalisées sur des panneaux en bois ou des pans de murs ! Niveau maniabilité on repassera.

Mais si c’est le support phare des collectionneurs, est-ce pourtant le seul support acceptable pour réaliser une œuvre d’art ? Si je reformule, est-ce que, finalement, l’art et l’acte de créer une œuvre d’art doit se cantonner à la seule toile d’artiste ? support de peinture par excellence : la toilesupport de peinture par excellence : la toile Vous vous en doutez un peu : Sissy l’artiste rebelle n’est pas tout-à-fait d’accord

Je l’ai dit : la toile est le support privilégiée des collectionneurs. Pourquoi ? Parce qu’il est noble, premièrement, mais aussi parce que l’image exécutée dessus par l’artiste ne peut pas être reproduite. Soit vous la repeignez à l’identique, et il s’agit d’une copie mais non de l’œuvre en elle-même. Soit on la reproduit à l’aide par exemple d’un appareil photo et il ne peut s’agir que d’une photo de l’œuvre. A travers la reproduction, on observe alors une perte d’informations.

Ainsi, la peinture sur toile est un objet unique. En tant qu’objet d’art unique, la toile ne peut donc pas être reproduite sans perte. Or cela fait des mois que je réfléchis à une façon de rendre mes œuvres reproductibles. Parce qu’à ce moment là, l’œuvre d’art n’est plus un objet unique, mais une image, un processus, un morceau d’art que tout un chacun peut posséder lui-aussi. L’important finalement, est-ce l’objet d’art – la peinture et son support – ou l’image et l’idée produites par l’artiste ?

Une piste de réflexion : l’art est d’abord une image signifiante

Pour moi l’art en tant qu’objet marchand a été déconnecté de ce qui fait son essence… Celle de la transmission de savoirs, d’idée, de concepts, d’une vision du monde. A l’instar des arts premiers, j’aimerais réintégrer l’art en tant que support d’humanité et objet communautaire au centre de la vie quotidienne. J’estime que l’art devrait appartenir à tous, afin de constituer un imaginaire commun. Pratiquer un art devrait me permettre de me nourrir financièrement, et de vous nourrir d’un point de vue spirituel – de la racine « esprit » – et intellectuel. Devrait vous offrir une porte vers l’imaginaire. Et non de grossir les poches de quelques gros financiers dans des salles de ventes. Une sorte d’échange gagnant-gagnant en somme. Et je pense que ça passe par le support de la peinture.

En fait, j’estime que les milliers d’heures passées à expérimenter, tester, apprendre, imaginer, concevoir, réfléchir, designer, ressentir, exécuter, peindre et créer doivent revenir de plein droits à celles et ceux qui m’aident à poursuivre mon activité. Ces heures et leurs produits sont plus importants à mes yeux que le support de la peinture, ou son unicité totale. Aussi bien en me soutenant comme vous le faites, vous derrière votre écran, qu’à ceux qui m’encouragent, qu’à ceux qui achètent mes œuvres et me permettent d’en vivre.

Voilà ce que peut rendre une peinture numérique imprimée à la demande :

Conséquence sur mon travail et conséquences pour vous

Deux effets Kiskool découlent directement de cette réflexion fort intense de mon petit cerveau de mangeuse de crème de marron

Le premier effet Kiskool : mes œuvres, si elles deviennent reproductibles et simples émanations sans support, se retrouveront à un prix abordables. C’est la suite logique de toute cette démarche axée sur l’aspect communautaire. Puisque j’estime que mon travail artistique est avant tout de concevoir des images destinées à nourrir votre imaginaire, alors qu’importe qu’elles soient uniques ou au contraire diffusables. Ainsi je vais créer une galerie d’art destinées à des tirages d’art à prix tout doux, mais aussi vous pourrez acheter les fichiers PDF de certaines œuvres afin de les imprimer vous-même, dans le format que vous voulez. Plus de libertés, plus de mouvements, des oeuvres d’art qui traversent les frontières grâce à Internet, grâce à vous, indépendamment du support sur lequel elles sont nées. Comme nous, mes œuvres vont vivre leur vie et voir du pays.

Le deuxième… Je risque de changer de techniques. Si je garde la peinture sur toile pour poursuivre les œuvres « objet d’art » ‘exposables’ pour faire parler de mon travail, je vais aussi expérimenter des techniques moins exploitées en beaux-arts comme le digital painting, ou encore des œuvres sur papier à scanner en HD. Le geste, l’idée, les couleurs, les lignes et les formes restent. Seul le support unique disparait, pour votre plus grand bonheur, et le mien.

Des bisous et de l’amour universel !