Comment concevoir une œuvre d’art : la méthode de Serely, Artiste peintre

Concevoir une œuvre d’art est un exercice qui s’apprend, s’applique et s’exerce. Cela signifie que je pourrais vous donner 15000 conseils, mais que rien ne remplace l’expérience dans ce domaine, mais aussi que vous allez devoir expérimenter afin de trouver votre propre manière de faire. Cependant, je peux vous donner quelques points auxquels être attentif, et vous exposer ma façon personnelle de concevoir une œuvre d’art.

Premièrement, je pense que le plus difficile dans la conception d’une œuvre d’art est la maîtrise du process de A à Z, de faire en sorte que l’œuvre ressemble à ce qu’on a dans la tête au moment de sa conception, ou encore que la matière qu’on utilise réagisse exactement comme on a projeté qu’elle réagirait. Ensuite, la chose compliquée est de transmettre précisément l’idée, l’émotion, la sensation que je cherche à transmettre. Voici donc les points auxquels je fais particulièrement attention lorsque je conçois mon œuvre d’art.

Le process de la conception d’une œuvre d’art et sa maîtrise

Le process pour concevoir une œuvre d’art est un cheminement assez long, parfois, et donc on s’expose à divers accidents de la vie. De même, c’est un process qui nécessite une bonne anticipation pour ne pas avoir à tout refaire, à défaire ce qu’on vient de faire, ou de se retrouver coincé par manque d’anticipation d’un temps de séchage, ou d’une réaction imprévue du médium.

Je pense à tous les accidents qui se produisent parfois dans la conception d’une œuvre. Les accidents liés à la matière (j’y reviendrai) mais aussi les accidents de la vie.

Par exemple, les poils d’un chat curieux de venir voir ce qui se passe, la petite main de bébé qui s’est parfaitement imprimée dans la couche de peinture. La température qui a chuté brusquement cette nuit et qui a gêné le séchage de la peinture… (oui je te regarde peinture à l’huile, ne fais pas l’innocente.) Ça, ce sont des points qu’on ne peut pas spécifiquement prévoir, mais qu’on peut prévenir. Par exemple, laisser prendre une peinture à huile dans une pièce bien aérée avec un chauffage, ou fermer la porte de la pièce pour empêcher Minou/Bébé/Hamster d’accéder à la pièce.

La force de l’habitude :

Je pense aussi à tout ce temps parfois perdu juste parce qu’on anticipe mal les temps de séchage, la construction des plages de couleurs, les différentes valeurs (valeurs = couleurs et nuances qui servent à définir les zones d’ombres et de lumières). C’est quelque chose qui s’acquiert par la pratique, la patience. La pratique est le seul remède ici.

Par exemple, sur une peinture numérique aujourd’hui, je remplis un gros aplat (zone de couleur “plate”, sans nuance) pour définir l’objet, et je peins par-dessus en verrouillant tous mes calques dessus. C’est ce que je ne faisais pas avant et je perdais beaucoup de temps à redéfinir mon objet.

Le résultat et l’idée

Aujourd’hui je prépare beaucoup d’esquisses et de brouillons avant de me lancer. Pourquoi ? Parce que je prends toutes mes décisions avant de peindre et donc je ne suis plus prise au dépourvu (exemple : mais comment qu’il fait le bras là ? Oh merde la composition est dégueu ça n’entre pas dans ma toile, zut).

Plus on prépare son projet en amont, et plus on a de chance qu’il ressemble à ce qu’on a en tête au moment de se lancer. Certains artistes aiment bien laisser l’œuvre venir les surprendre à mesure. Moi beaucoup moins lorsqu’on parle d’art figuratif. Au contraire, je trouve que de préparer l’œuvre me permet plus de spontanéité dans sa réalisation. Donc ça comprend aussi de préparer les différentes zones que je m’apprête à peindre. Je les définis au crayon de papier léger. Si je travaille à l’aquarelle, je reporte mes lignes définitives à l’aide d’une table lumineuse : le papier aquarelle n’aime pas les coups de gomme.

Là c’est un exemple documenté d’une de mes œuvres. Mais j’ai encore quatre ou cinq croquis en stock juste pour celle-ci.

concevoir une œuvre d'art
Différentes étapes pour produire une œuvre d’art

 

La matière a une âme

Je me le figure comme ça, mais la matière qu’on utilise pour concevoir une œuvre d’art a son importance et ses impératifs. Autant cet aspect là n’intervient pas trop en digital, ça me soulage en parti des réactions parfois bizarre de mes matériaux… Autant en “traditionnel” (comprendre “en peinture physique”), les réactions sont… désarmantes. Par exemple, ma Tempera a l’œuf réagit différemment non seulement à chaque nouveau mélange, mais aussi à chaque changement de saison, ou même dans la même journée.

Évidemment, l’industrialisation de la peinture permet de réduire les écarts de comportements… Mais il y en aura toujours. Par exemple, les pigments (particules colorées qui composent la peinture) se comportent tous différemment. Dans l’huile, le noir d’oxyde durcira très lentement. Les pigments terre (ocre par exemple) auront besoin de beaucoup de plastifiant dans l’aquarelle si on veut avoir de jolis godets bien lisses. Sur le papier, ces pigments vont sédimenter – ils vont se déposer différemment quoi et faire des textures qu’on ne trouvera pas avec d’autres pigments.

C’est tout un art, en somme…

Conception d’une toile

Exprimer une émotion

Quoique je crée, je cherche cette émotion particulière qui est l’harmonie.

L’harmonie dans la sensation visuelle d’abord. Cet équilibre qui créera une unité. Mes compositions sont étudiées pour cette sensation précise, pour créer un sentiment d’harmonie interne à l’œuvre. Je cherche ainsi à provoquer une harmonie interne chez le spectateur. Que son regard parcoure l’œuvre, que ça lui demande du temps, le temps de s’arrêter trente secondes et de se perdre dans cet univers interne que j’ai créé pour lui. Halte là, spectateur, émerge-toi dans un monde parallèle…

Sur ce, je vous souhaite une bonne peinture à toutes et à tous !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *