Mon amoureux

Sans lui, je ne serais pas là à vous parler. Ou alors ce serait une Serely totalement différente qui vous écrirait !

La rencontre avec mon amoureux

“Je vais te présenter un de mes potes tu vas voir il est sympa ! C’est avec lui que je pars en Turquie en octobre.”

C’était mon amoureux de l’époque, et il était à la fois impatient et appréhensif. Il me présentait officiellement à ses potes depuis le début de la semaine, nous étions vendredi et il manquait un seul de ces gars à rencontrer.

Je connaissais déjà le premier : nous étions en cours ensemble en histoire de l’art. Tous les trois avions passé une bonne partie de la semaine ensemble déjà. Il deviendra d’ailleurs mon meilleur ami actuel, le tonton de mon fils, quelqu’un qui m’est cher. Je connaissais le second. Il le connaissait depuis le lycée, et semblaient assez proches tout les deux. Nous nous sommes disputés il y a quelques années en arrière, sans espoir de retour en arrière.

Mais le dernier, c’était un ami d’enfance de mon ancien amoureux. Nous le rejoignions pour un cours d’Histoire Moderne, dans l’amphithéâtre le plus reculé du campus.

Je me souviens. Nous avons dépassé la rame de tramway, nous sommes engagés sous le pont formé par un des bâtiments récents. Nous descendons les petites marches et arrivons sur un grand parking. Au loin, l’édifice contenant les deux gros amphi, le pont de béton entre les deux cylindres qui contient les salle, et cette sorte de préau où nous patientions… Je me souviens qu’il était assez nerveux à mes côtés.

Devant un pylône, il était là. La veste en jean sur l’épaule, le pied droit éloigné du corps et légèrement en biais dans une attitude que je connaitrais par cœur dans quelques années. Il me regardait, un peu méfiant, le nez au vent à humer l’air du changement.

Une blague plus tard, il a souri de toutes ses dents. Il m’a fait la bise. Et contrairement à beaucoup, il ne l’a pas faite mécaniquement, non. C’était une bise humaine et chaleureuse, de celle qui vous met à l’aise et qui vous dit “bienvenue”. Je me suis sentie à l’aise, très vite.

Je ne le savais pas encore mais je venais rencontrer celui qui dix ans plus tard sera le père de mon fils.

Mon amoureux.

L’instant décisif

Il y a des jours avec, il y a des jours sans.

Et mes jours sans, quand j’étais plus jeune, j’étais vraiment, mais alors vraiment au fond du trou.

Avant qu’on soit ensemble, déjà, il se tenait à mes côtés les jours sans. Il épongeait les dégâts causés par la tempête sans sourciller.

Ensuite, une fois ensemble, il a tenu bon. Sans juger, sans vociférer, il m’a laissé le temps.

Lui et mon frère, ils ont créé un petit cocon ouaté de rire et de fumée pour que j’aie le temps de me relever.

Il a tenu bon ensuite, lorsque je me suis effondrée après une année difficile que j’ai passé à travailler. Vidée, perdue, sans substance que j’étais. Il a tenu bon, il m’a dit je t’aime, il m’a acceptée après que j’aie salement merdé. Patiemment, tranquillement, il m’a enlacée dans le chaud cocon de ses bras.

De la vie de couple à la vie de famille

Mon compagnon et notre Nounourson

Il était là lorsque notre fils est né. Il m’a tenue la main, il m’a encouragée. Il s’est plié en huit pour que je ne manque de rien. Ce que je disais alors avait force de loi, et j’ai été accueillie comme une reine sous mon toit à la sortie de la maternité.

Dévoué, mon homme, il se lève tous les matins pour travailler. Il déteste son job. Il est sous payé, largement en-deçà de ses capacités. Pris pour un idiot. Il a un master d’Histoire mon homme, vous le saviez ? Quand il rentre, il se plie en quatre, comme toujours. Il s’occupe du petit. Tout ça pour que je puisse vivre ma passion jusqu’au bout de mes orteils, que je puisse gagner à mon tour de quoi lui construire un cocon pour qu’à son tour, il trouve le métier qui le fera vibrer.

Et patiemment, avec amour, il s’est imposé comme le seul, l’unique.
Je suis à moitié lui. Son empreinte sur moi, ma vie, mes goûts, ce que je suis est juste gigantesque.

Il n’y a jamais eu d’instant décisif.
Il m’a simplement répété ces mêmes mots au fil des ans :

“Je crois en toi. Je t’aime.”

 

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